Lofofora – Peuh !

https://i0.wp.com/medias.fluctuat.net/albums-covers/5/8/5/album-3585.jpgNote :

http://www.lofofora.com
http://www.myspace.com/lofofora

Sortie : 1996
Style : Hard Rock , Fusion , Alternative

Tracklist :
01. jazz trash assassin
02. la chute
03. amnes’ history
04. envie de tuer
05. mental urbain
06. bon a rien
07. macho blues
08. intox populi
09. arrache
10. le pendu
11. vice et rale
12. vive le feu
13. shiva skunk special ekova
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Toutes les paroles

 

 

« Nous ne serons jamais des stars, plutôt sucer un chien. Nous n’avons aucun respect pour le rapport qui relie l’idole au fan, le maître à l’esclave, le dictateur au peuple, ma main sur ta gueule. »
[ancienne présentation de Lofofora sur le site de Sriracha]

Voilà qui est clair, précis, intelligent et sans concessions : un peu à l’image du groupe, en somme. Car Lofofora est un de ces (trop) rares groupes à ignorer les termes « consensus », « opportunisme » et « compromis »… Et « Peuh ! », second album sorti en 1996, vient magistralement confirmer cette ligne de conduite.

On ouvre le ballet sur un « Jazz Trash Assassin » ravageur, fait de gros riffs, grosse voix et section rythmique irréprochable ; l’agressivité sonore devient très vite verbale, à l’image des premiers mots que Reuno nous envoie littéralement à la face : « Nous voilà assis sur un baril de poudre / Comme des statues de cires, prêtes à se dissoudre / Incapable de scier les barreaux de ta cage / Dis-moi pour qui te prends-tu pauvre singe ?« 

Le ton est donné. Et bien que la pression ne se relâche pas avec les morceaux suivants, on adhère de plus en plus au fur et à mesure. « Tu ne bouges pas, le monde tourne autour de toi / Tu ne rêves pas, le monde crève autour de toi / Tu ne sens pas, le monde s’enfonce sous tes pas« . Les formules qui frappent se succèdent, provoquant chez l’auditeur une rage croissante… et les thèmes abordés ne laissent aucun doute sur les opinions du groupe.

Deleuze, un philosophe comme on en fait peu, disait de Nietzsche et Spinoza : « Ce sont des philosophes dont la puissance critique et destructrice est inégalable, mais cette puissance jaillit toujours d’une affirmation, d’une joie, (…) d’une exigence de la vie contre ceux qui la mutilent et la mortifient. » Une phrase qui, après avoir remplacé « philosophes » par « artistes », s’applique parfaitement à Lofofora. Leur haine n’est en effet jamais gratuite, et s’applique à dénoncer la mesquinerie humaine sous toutes ses formes : racisme, course au profit, « egotrip », culte des médias… A noter également, quelques morceaux à haut potentiel provocateur, tel « Macho Blues », où Reuno se met dans la peau d’un père incestueux… Mais le refrain ne laisse aucun doute : « Regarde dans les yeux celui qui te souille / Fais un voeu, et coupe-lui les couilles !« 

Le feu d’artifice s’achève sur une reprise des Béruriers Noirs, « Vive Le Feu », surboostée par une double grosse caisse sans pitié et une guitare speedée au possible.

Douze morceaux sans répit, donc. Mais le spectacle n’est pas fini… ou plutôt, ne fait que commencer, car le treizième titre (chiffre révélateur ?) consiste en une extraordinaire collaboration avec le groupe Ekova : seize minutes d’une montée aux accents orientaux, oûd, percus et voix, celle de Dierdre, chanteuse d’Ekova en l’occurence ; en fond, la basse tient une ligne hypnotique, répétitive. Ce n’est qu’à la douzième minute que tout explose, et…

Mais je m’arrête là. A vous maintenant d’apprécier la juste valeur d’un groupe… pour le moins précieux.

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