DJ Baku – Spinheddz

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Note : ++

http://www.disdefensedisc.com

http://www.myspace.com/djbakujapan

REVIEW CONNECT : 1 & 2

Origine du Groupe : Japan

Style : Abstract Hip Hop , Rap Fusion , DJ

Sortie : 2008

Tracklist :

01 Intro
02 Element for Perfect
03 Ei, O-Oh
04 Cannibal-Mix
05 Skit 1 ∴ Stoned
06 Eat (feat. Hevi)
07 Can There Be Peace
08 Devil Approach
09 Vandalism
10 Skit 2 ∴ 88 Experimental Beat Box
11 Spin Street
12 God, Others, Substance
13 Outro-Ach
14 Kannibalism (feat. MC Kan)
15 畜殺 (The Slaughter) (feat. PRIMAL & RUMI)
16 Vandalism (feat. TAV)

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Lorsque l’on évoque, brièvement, l’existence d’un éventuel hip-hop made in Japan, il est certain qu’une majorité des sondés répondent « DJ Krush ». De même qu’il est automatique que 90% d’entre eux soient destabilisés lorsque l’on s’aventure un peu plus loin avec un « Oui mais encore? ». Si la barrière de la langue se présente comme une montagne insurmontable pour la plupart d’entre nous, elle n’est en rien responsable des oeillères que nous nous complaisons à conserver. Comme si la galaxie hip-hop se résumait à une seule planète occupant tout l’espace. Que ce soit dit: il existe, ailleurs, d’autres artistes qui méritent un tant soit peu d’intérêt. Au Japon, a fortiori. Bien entendu, il est un cliché diffusé un peu partout qui présente les Nippons comme d’habiles plagieurs de styles développés par le Californien, le New-Yorkais et les autres. Si la singerie se répand avec cocasserie sur les plateaux de télévision et autres shows populaires, il en va de même que n’importe où: dans la rue, en bas, certains s’activent. L’image du Vénérable Ancien s’étant impregnée sur la rétine de petits japonais fans de manipulations platinesques et d’un turntablism débridé, le sol fertilisé par les semences musicales krushiennes aura permis l’émergence de petites pousses prometteuses. Ainsi, l’apparition de multiples scènes japonaises allant du pur classicisme « gangsta » à la déferlante de sons tous plus « expérimentaux » les uns que les autres, avec cette particularité d’un rap souvent peu festif à base d’atmosphères pesantes et graves; forgé sur d’autres valeurs que celle d’une musique noire américaine qui ne lui correspondrait pas vraiment. Abordons ainsi le cas de DJ Baku. Originaire de Tokyo, il découvre le hip hop grâce au film « Juice » (ndlr: un film mettant en scène la vie de 4 lycéens dans un ghetto avec notamment un des rôles principaux joué par Tupac Shakur). Il commence à tâter du vinyl dés 1994. C’est du haut de ses 16 années qu’il arpente les tréfonds undergroundesques de la métropole se mêlant à la déferlante de battles et autres concours de deejaying. Néanmoins, peu doué pour cet exercice, il range bien vite ses aspirations de compétition pour faire la tourner des clubs. C’est ainsi qu’il rencontre Martin et SKE avec lesquels il va fonder le Dis-Defense Disc Crew. S’en suivra un parcours des plus classiques : la production d’une multitude de mixtapes vendues chez les disquaires de Tokyo puis l’émergence d’un label, Dis-Defense Disc. C’est avec lui que Baku va sortir 4 mixtapes puis deux 12″ qui le verront collaborer notamment avec Kan; mc japonais de son état. Mais c’est le DVD « Kaikoo » sorti en juin 2005 qui va le sortir un peu du circuit des sorties condifentielles. En souhaitant mettre en avant une partie de la scène indépendante tokyoïte, Baku va réussir son coup en présentant des artistes peu connus du public. Fort de cette réussite, il se lance dans la création de son premier album solo échoué entre nos oreilles au début de l’été 2006: « Spinheddz ». 16 rounds pour vous clouer au sol. Bien entendu, DJ Baku y fait montre d’une grande maîtrise de son instrument de travail; notamment au travers de scratchs endiablés; toute la panoplie du DJ est exposée durant la petite minute de ‘Intro-LL’. Nous voilà avertis: ça va débarouler sévèrement dans tous les sens pour ne laisser que peu de répit à nos oreilles le temps d’un explicite skit ‘Can There Be Peace?’ (agrémenté de quelques notes de piano) auquel Baku répond « Non » à la volée, par un ‘Devil Approach’ détonant (rythmique endiablée, drums lourdes, distorsions dans tous les sens sur lesquelles viennent se greffer l’écho de différentes voix avant que le morceau ne s’emballe littéralement). Il en va de même sur la majorité des morceaux de l’album… Outre ses prestations aux platines, c’est aussi la qualité des productions de Baku que l’on apprécie; mêlant habilement ses scratchs aux divers sons qu’il exploite de manière jubilatoire sur ‘Cannibal-Mix’ ou sur ‘Eat’; morceau sur lequel pose un certain Hevi dont la voix grave et caverneuse n’est pas sans rappeler celle d’un gros métaleux possédant plus de la bête que de l’humain le temps de 4min25 angoissantes. Ayant vu le jour en maxi au côté de ‘Cannibal-Mix’, ‘Spin Street’ est pour sa part un petit bijou de head-banging. Ce genre de morceau qui fait un malheur dans une salle de concert surchauffée; un beat rythmé agrémenté de samples de divers instruments; Baku jouant à coller et décoller les différents sons sur nos oreilles pour un résultat des plus appréciables. Et ce ne sont pas les prestations des trois seuls MC’s invités pour les ultimes morceaux de l’album qui viendront ternir ce tableau. En particulier ‘Kannibalism’ : survolté de bout en bout, Kan, autrement connu pour son notable essai solo ‘Mitchisilbe’ sorti l’année passée, nous expose tout son talent. En véritable maître de cette cérémonie angoissante, le morceau est une course contre la montre. Accueilli par quelques essouflements, c’est sur une rythmique dure que Kan prend la parole pour ne plus la lâcher. Baku déchaîne les éléments musicaux ; son comparse d’un instant se fondant dans la terrible cacophonie de scratchs et autres distorsions sonores assénée à nos oreilles le temps d’un refrain. L’impression de se faire dévorer le cerveau en près de 4min30. On notera tout de même l’agréable présence de Tav accompagnant un ‘Vandalism’ entendu en cours de route; seul véritable accroc sur la tunique bariolée de Baku; à l’image de la pochette de l’album. « Spinheddz » est un condensé de richesses musicales. Les productions du créateur sont variées, fouillées et ne tournent pas en rond. Le savoir-faire, vinyles en main, du maître de maison impressionne. Baku nous fait voyager avec passion au sein de son propre univers musical bien souvent angoissant, évoluant toujours dans l’urgence… Aucun repos n’est accordé à l’auditeur aventureux. Il va falloir s’armer de courage. Néanmoins, les seize morceaux présents s’enchaînent avec fluidité au rythme de beats courant ventre à terre vers vos oreilles; que ce soit à travers cet exercice déjanté d’un ’88 Experimental Beat Box’, de la douce mélodie de ‘Vandalism’ ou du planant ‘God, Others, Substance’. Et la tête qui tourne à n’en plus pouvoir.

par Newton

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