The Black Angels – Phosphene Dream

http://www.theblackangels.com

http://www.myspace.com/theblackangels

Origine du Groupe : North America

Style : Alternative Rock , Psychedelic

Sortie : 2010

Les Texans avaient prévenu qu’ils ne se plagieraient pas et déjà la moitié de ces dix titres avaient été dévoilée en concerts. Pour autant les Black Angels impressionnent sérieusement et opèrent
une révolution avec ce troisième disque, celui de la prise de risque, celui où l’on choisit de se mettre en danger plutôt que de se répéter, après deux des albums les plus fabuleux de la décennie
passée. Accents garage et swing sixties.

Le travail avec Dave Sardy semble avoir dégraissé la musique des Black Angels (36 minutes et 18 secondes chrono). Certains diront qu’ils y ont perdu de leur substance, mais il en reste l’essence,
brûlante. Le groupe est rock, les morceaux vont vite, percutent, surprennent avec des cassures rythmiques au milieu du tout puissant son du « combo » d’Austin vrombissant. Un road-trip à tombeau
ouvert, à travers leur Texas certainement. Qu’on se rassure, la sacrosainte reverb et le hachant tremolo demeurent les armes affutées de la bande, sans parler de la frappe sèche et tribale de
Stephanie Bailey.

Les phosphènes, en gros cher docteur, ce sont ces bidules plein les yeux qui flashent après avoir regardé une source lumineuse, qui accompagnent les vertiges ou le flirt avec les psychotropes. A
ce propos : ne pas fixer trop longuement la pochette. Mais bien vu, ce disque laisse comme une persistance rétinienne sur les tympans…

Même pas en rêve. « Phosphene Dream », une vision trouble. Qui s’ouvre sur Bad Vibrations, un ovni sixties perverti, l’anti-Good Vibrations des Beach Boys ? Les Black Angels sont plus des oiseaux
de nuit que des garçons de plage… Le truc est tortueux, drivé par une mélodie façon BO de film d’espionnage d’époque, avant de se speeder pleine bourre et laisser place à Hauting At 1300
McKinley, tout en riffs et saccades. Yellow Elevator #2 : basse énorme, boum-tchac, guitare cisaille et le chant ! Alex Maas explore de nouvelles voix, brouille les pistes, le groupe s’offre la
classe et le luxe d’harmonies bien à lui. Un break de deux secondes, embardée, accélération, les Black Angels roulent à toute allure au cœur de la nuit, coup de frein et vocalises ascensionnelles
hallucinées. Seulement guidés par cette ligne jaune qui défile sur l’asphalte sous la lueur des phares. Opaques, les paroles ne disent pas tout mais livrent des pistes :

« Now I can see how the seasons all repeat,

and that love makes new things out of nothing that needs.

The generation born will grow from the crimes before,

and then stack up with all the heads

that are piled outside your door.

I understand that I exist in the between,

of what was and what will be in those blurry vision scenes,

that appear but pass us by and for a moment get you high,

‘til you find your way back down.

Become the truth you’ve found. »

Sunday Afternoon repart sur les chapeaux de roue, ressort la cruche électrique piquée aux 13th Floor Elevators. Un twist séditieux. River Of Blood n’en démord pas, batterie et basse en avant
toute, hantée par les chuintements de l’orgue et les guitares sinueuses, vrillées. Avec son riff signé Christian Bland, Entrance Song est une des tueries de cet album ; Maas y hulule et se
gargarise avec un goût de revenez-y. Sur fond de mantra et d’explosions de couleurs sonores, Phosphene Dream ramène – pas vraiment innocemment – le couplet anti-guerre (« Our président then was
dead to us. Hallelujah ! / He takes his pills so he can kill. Praise the Bible. »). Ça décolle façon hélicoptère, phosphènes en incantations qui se fondent dans True Believers, en forme d’hommage
à Jefferson Airplane où Alex Maas parvient à égaler Grace Slick, avant une outro lourde, angoissante, hypno-psychédélique. Les chansons sont au cordeau, saturées et structurées, avec parfois un
morceau dans le morceau. Telephone swingue comme si les sixties n’étaient jamais parties. On s’y croirait. Dans cette chanson, le soleil brille plus fort, les corps sont plus légers. L’orgue Vox
n’a jamais été aussi présent et évident. C’est The Sniper qui referme l’album, précipitamment peut-être, le moteur encore chaud. Mais tout va trop vite aujourd’hui… « We decide what goes inside
your head », oui, les Black Angels nous secouent les méninges.

« Phosphene Dream » est le troisième disque d’un groupe qui continue d’avancer derrière une carapace de dents serrées qui ne dévoile pas tout. Ce road-trip déroutera peut-être certains fans en
manque de drone, mais personne ne pourra dire que les Black Angels ne sont pas des alchimistes, des aventuriers soniques du XXIème capable de voyager dans le temps et d’en rapporter de l’or. Ah
au fait, une chose ne change pas : leur musique est toujours subversive.

par Flavien.G

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Tracklist :
1. Bad Vibrations
2. Haunting at 1300 McKinley
3. Yellow Elevator #2
4. Sunday Afternoon
5. River of Blood
6. Entrance Song
7. Phosphene Dream
8. True Believers
9. Telephone
10. The Sniper

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